Ma French divide 2021
Tout commence pendant le premier confinement en mars 2020. J’ai besoin de liberté et je regarde toutes les vidéos des French Divide précédentes. De plus, Manu, un copain du ski club a déjà tenté l’aventure. Je me focus donc sur une French Divide 2021 ou 2022.
Préparer le bonhomme, le matériel devient ma priorité.
Je commande un gravel GRAXX d’Origine, pas forcément le vélo idéal pour une French Divide mais idéal pour mon usage et ma région. Nous verrons plus tard les adaptations. Je roule donc avec ce nouveau vélo pour me préparer. Je ne fais pas des sorties trop longues (entre 30km et 100km) et j’augmente progressivement la fréquence pour sortir presque tous les jours.
En août 2020, (J’ai la chance d’habiter sur la trace de la FD, de la GTMC et de la Sea to Peak dans le Massif-Central), je roule avec des dividers entre Olby et le Lac du Guéry. Là, je suis convaincu, je ferai cette Divide mais il me faudra un vélo un peu plus « confort ».
En juin 2021, je fais le Gravelman Auvergne, 320km, 6000 D+ en 2 jours. Une belle expérience et belle préparation sous la pluie et dans le froid. Je sens que le bonhomme et le matos sont prêts.
Le Matos :
- Un GRAXX d’Origine, une fourche RECON en 100mm
- Roues de 650 avec des pneus en 42mm (A refaire je resterai en 700 ou 29‘’)
- Transmission : mono plateau 34 avec une cassette 11-42
Début août 2021, le départ approche.
En famille, nous réservons un AirBNB à Dunkerque. Flop ! Je pars seul, ma femme doit faire un remplacement au boulot. Je pars donc à Dunkerque en train et j’ai le temps de visiter la zone avant le départ.
Vendredi 6 août, au check in, je rencontre Florian, Julien et Mario. On discute un peu. Julien nous raconte sa FD 2020 avec son abandon à la Bourboule (vers chez moi). Florian, Julien et moi, nous finirons cette French Divide 2021.
Samedi 7/08 : Jour 1
Départ par vague, je pars dans l’avant dernière à 7h35. Je roule avec Mario, on avance vite et au bout de 50km, il me lache, je ne peux pas suivre.
Du vent, les pavés de Paris-Roubaix, une longue journée de vélo.
Je finirai la journée avec Florian, 220km, 3 orages dont un de grêle. Nuit au camping humide à Le Quesnoy
Dimanche 8/08 : Jour 2
3h30 du mat, je ne dors plus, je lève le camp et départ vers 5h. Je retrouve Lucie pour faire une belle sortie Gadoue dans les bois, C’est très humide mais il ne pleut plus. Je mets ma veste sur la sacoche de selle et je la perds avec mon couteau dedans. Je fais donc marche arrière pour la retrouver, en vain. Perdue.
Je reprends la trace, un silex et voilà ma première crevaison. Le préventif tiendra jusqu’au Morvan.
Après 160km avec Lucie, nous arrivons à Laon pour le CP1. Trop Content !
Je trouve un hôtel et je passe une bonne nuit.
Lundi 9/08 : Jour 3 : Laon-Courtisols
Je pars à 5h, je retrouve Christelle et Sébastien. Christelle me retire une tique attrapée la veille.
Le chemin devient plus VTT. Ils me lâchent rapidement, je vais rouler pas mal seul ce jour-là. Je retrouve Fanny et Lucie.
On attaque la montagne de Reims. Monter dans les vignes, rouler dans la boue, descendre dans les vignes, remonter dans les vignes, rouler dans la boue, replay…..
Dans la montagne de Reims, Maxime Barrat me double, il est en single speed, ENORME, un vrai tracteur dans la boue. On échange un peu et il part….
Sortie des bois, on attaque les céréales de l’Aube, du pur Gravel, les KM tombent jusqu’à Courtisols où je trouve une terrasse chez l’habitant pour la nuit.
13h de vélo et 170km.
Mardi 10/08 : Jour 4
Je pars à 5h, je fais du Gravel sur une grande piste avec des éoliennes, le vent nous laisse assez tranquille.
Je retrouve Lucie, Sébastien et Christelle, nous ferons la journée ensemble
On traverse en plein jour, la zone interdite de nuit. On longe les lacs, cool.
A Bar sur Seine, Gabriel nous dépasse, nous faisons une bonne pause et nous cherchons un spot pour la nuit. A Bagneux la Fosse, il y a un lavoir (lessive et douche) et le préau de l’école fera office de chambre. Une très bonne nuit à la belle étoile.
Mercredi 11/08 ; jour 5
Nous partons tôt pour une journée vallonnée en Bourgogne et on s’approche du redouté Morvan.
Nous sommes maintenant un petit groupe, Pierre, Mario, Christelle, Sébastien, Lucie, Florian et moi. Nous faisons notre chemin, on cherche de l’eau, parfois en vain et il commence à faire chaud. Nous arrivons à Quarré les Tombes pour le CP2.
Ma crevaison s’est réouverte, je passe en chambre. J’arriverai seul à Quarré les Tombes après 160km et 12h de vélo.
Jeudi 12/08 : jour 6, le Morvan !
Là ce n’est pas une blague, chemin technique, mouillé, glissant et très, très chaud.
A Autun, j’expédie ma tente, ma montre, tout le superflus (-2kg) et je repasse en tubeless et on repart avec le petit groupe…jusqu’à la grle (et je n’ai plus de veste). Adossé à un arbre avec la couverture de survie tendue au-dessus de la tête. Je fais le dos rond et au moment où il faut repartir, la nuit est tombée. Quand on arrive à Toulon sur Arroux, Pierre, le local de l’étape, nous trouve des caravanes pour la nuit. On est trempé. Je passe une mauvaise nuit.
Le Morvan est passé.
150km, 12h, 2700D+
Vendredi 13/08 : jour 7
Je dis au groupe de partir, je pense que je ne vais pas suivre, j’ai besoin de retrouver mon rythme. Je pars donc tranquille.
A Bourbon Lancy, un habitant m’arrête pour me payer le petit déjeuner. Là je suis remonté à bloc. Je retrouve le groupe à la boulangerie.
J’ai trouvé un gîte à Ebreuil mais c’est loin. Le terrain devient roulant, plus favorable pour moi, je roule pour le gîte. J’attendrai le groupe là-bas.
A Moulins, Mario doit trouver un vélociste, je rachète une veste chez Décathlon. Je connais maintenant le parcours pour l’avoir reconnu.
Je roule fort pour avoir le gîte et le restaurant à Ebreuil.
J’arrive à Ebreuil à 21h, resto, lessive, douche. Julien me rejoint vers 22h. Les autres ont stoppé à Chantelle.
Je pense que cette journée a été décisive pour moi. J’ai gagné du temps sur la partie roulante.
180km en 11h30.
Samedi 14/08 : jour 8. La Maison
Avec Julien, on part vers 5h30. Il attend l’ouverture de la boulangerie. Je le retrouverai à Paugnat où il y a Timothée, Jules et 2 autres partis le dimanche, que j’avais vus la veille à Moulins.
Le chemin monte, monte et monte encore.
J’apprends que Lucie et Mario ont abandonné, cela m’attriste. Trop dur, plus envie…
L’étape est dure jusqu’à Vulcania.
Vincent me retrouve, il m’accompagne jusqu’à retrouver Jean-Paul et Eric. D’avoir ces copains du VTT qui m’accompagnent est très fort en émotion. Ils m’entourent jusqu’à Laschamps.
Je m’arrête à Neuville, 3km de la maison. Il y a Karine et Enzo, mes voisins. On fait un selfy avec Enzo.
Je descends le GR pour atteindre Voissieux. Je connais par cœur ce chemin, il est à 1 km de la maison.
A Voissieux, un autre copain est là, Sébastien, il m’accompagne sur la route de Juegheat.
Ensuite, je bascule à Orcival : là, il y a ma femme, Pascale, sur le bord de la route. Je tombe dans ses bras, l’émotion est trop forte….je pleure.
Pascal, un autre voisin m’accompagne jusqu’au gîte du Lac de Servière. Je suis accueilli comme un héros, je mange chaud, je me recharge en énergie. Je prends mon temps avec les amis.
Je repars pour finir ma journée à Besse, à l’hôtel. Je suis sur mes chemins, je les partage avec Timothée.
A Besse, Florian arrive et nous décidons de repartir ensemble le lendemain.
Cette journée aura été ma plus petite en distance et la plus forte en émotion. Merci à tous pour leur soutien.
111km et 10h de vélo.
Dimanche 15/08 : jour 9 : Le Cézallier, le Cantal
On se retrouve à la boulangerie de Besse. C’est la boulangerie où j’allais quand mon fils était en section ski du collège de Besse. Cela me fait un peu drôle.
Avec Florian, on passe une super journée sur les plateaux du Cézallier. Un peu d’euphorie.
On retrouve Julien au Pas de Peyrol, le point culminant de la French Divide.
La descente sur Aurillac est un peu sans fin par le GR du Compostelle, des cols, des chemins peu roulants.
A Aurillac, on retrouve, Timothée, Olivier et Patrick. On mange une pizza sur le trottoir et avec Olivier on trouve un Hôtel.
140km, 11h de vélo et 3100D+
Lundi 16/08 : Jour 10 : Le coup de mou
On repart tôt, je laisse partir Olivier puis on se retrouve avec Florian, Céline, Jacques, Florian et Olivier.
Dans les gorges de la Cère, Olivier chute et se fait un bel hématome sur la cuisse. Il est vraiment dur au mal. Il ira au bout quoi qu’il arrive. Chapeau !
Il pleut, j’ai faim, je n’ai plus de jus, je dis à Florian et Julien de partir sans moi. Mais je trouve un café double, un coca et l’énergie revient. Je suis de nouveau bien mais c’est dur.
On trouvera un bivouac dans un près après 160km et 12h30 de vélo.
Mardi 17/08 : jour 11 : le Lot
Je suis avec Céline, Jacques, Florian et Julien et on se fait les causses du Lot. De la poussette, de la caillasse, des magnifiques singles, du VTT un peu hard, dur mais j’adore et c’est super beau.
Une glace à Rocamadour, Penne, Bruniquel et enfin Puycelsi. Le CP3. Une libération.
Un bon plat de pâtes et un bon bivouac. Nous sommes tous contents et pensons avoir fait le plus dur. C’est sans compter le Gers.
Mercredi 18/08 : Jour 12
C’est une journée de transition pour sortir du Lot et s’approcher du Gers en contournant Toulouse.
Je fais un détour de 15km pour acheter un pneu chez « United Bicycles » chez Chris. On répare, on discute, on mange au shop. Ensuite, je mets gaz pour retrouver Julien et Florian.
On repart après une pause boulangerie accueilli par un pompier fan de la French Divide.
On attaque le Gers. Montées et descentes dans l’herbe se succèdent. C’est dur.
Le boitier de pédalier de Julien lâche. IL trouvera un shop à Auch qui le dépannera en dehors des horaires. Cool.
A Auch, on retrouve Piero. Pizza improvisée au Carrefour City à 21h.
La sortie de la Ville est raide et on trouve un bon bivouac dans les bois après la bosse.
185km et 12h de vélo.
Jeudi 19/08 : Jour 13
Là, ça ne rigole pas, ça monte, ça descend dans l’herbe sans rendement. On se traine. Ensuite on contourne Tarbes par une forêt interminable jusqu’à Lourdes.
A Lourdes, regroupement Pizza avec Timothée, Florian, Piero, Céline, Jacques et Julien.
Là, plusieurs stratégies. Rouler jusqu’au bout (il reste encore au moins 200km) pour Timothée et Julien
Pour Céline, Jacques, Florian et moi, on stoppe à 22h pour un dernier dodo improvisé à côté de l’église de Asson.
150km et 11h30.
Vendredi 20/08 : jour 14
Ma stratégie, finir ce soir. Je prends mon rythme. Repas complet toutes les 3h, une barre toutes les heures, ne pas me mettre dans le rouge, partir tôt.
Le terrain est favorable pour moi, ça roule, ce qui est pris est pris.
Dès que j’arrive dans le vallonné, Florian me rejoint. Nous finirons ensemble dans le Pays basque. Il fait très, très chaud.
On retrouve Patrick et on galère dans les pentes terribles du Pays basque.
Avec Florian, vers 21h30, nous arrivons au terme de cette French Divide 2021.
Nous buvons nos bières avec Timothée arrivé un peu plus tôt. Nous attendrons Patrick, Céline et Jacques puis Julien vers minuit.
Dodo dans le Gymnase de Mendionde après 185km et 13h30 de vélo.
Bilan de ma French Divide :2240km, 37000 m de D+ et environ 175h de vélo.
- 13 jours
- 14 heures
- 5 minutes
Samedi 21/08 : Le retour à la maison
Je me réveille vers 7h du mat en me disant qu’il faut trouver un train pour rentrer.
Je prends mon petit dej avec d’autres finishers du jeudi.
J’ai un train à Cambo les bains à 20km à 10h10. Je file
A Cambo, le TER est complet, ils ne veulent pas de moi avec le vélo. Je prends la route pour Bayonne à Vélo…encore 30km. En passant devant une maison en construction, l’idée me vient : me faire conduire à Bayonne en voiture. Je demande aux gens, ils sont OK, Cool. J’aurai mon train pour Bordeaux. MERCI.
Ensuite, je zone et comate dans les TER et les gares :
- Bayonne -> Bordeaux
- Bordeaux -> Périgueux
- Périgueux -> Limoges
- Limoges -> Ussel
Avec tout cela, le GPS disparait de mon vélo. Et merde !
A Ussel, Marc, mon voisin, m’attend pour me ramener à la maison. Je suis dans un état second. Je suis fatigué, euphorique.
On ne redescend pas sur terre aussi vite après une telle aventure physique, humaine et personnelle.
La French Divide est un truc énorme à vivre au moins une fois.
Merci à tous celles et ceux qui m’ont aidé de près ou de loin à réaliser cette aventure.
Merci à Samuel, l’organisation et aux médias.



